RENCONTRE
L'enfant et le go
Antoine Fenech, 10 ans, a représenté l'Europe aux championnats
du monde de go. Rencontre avec un
(jeune) joueur de haut niveau.
« Depuis cette année, je suis plus fort que mon père. »
Antoine vient de réaliser le rêve de tous les petits garçons
de son âge. Battre son papa, à la loyale, dans un combat en tête à tête.
Ce duel sans arme s'est déroulé sur un goban, le plateau du
jeu de go, et hors compétition. La
victoire ne lui a pas rapporté de médaille, elle n'a même pas été
homologuée.
Mais Antoine, en l'évoquant, se fend d'un large sourire :
il en dit long sur son « exploit » de petit homme.
Cette réussite, très privée, s'accompagne de succès
publics. Au tableau officiel d'Antoine figurent deux titres de champion
d'Europe des jeunes, en go, catégorie
junior (moins de 12 ans).
Celui remporté en Roumanie, à la fin de l'hiver, lui a permis
de se qualifier pour les championnats du monde des jeunes de Corée.
Il en est revenu battu, mais content : « J'ai
atteint mon but : gagner une partie. » Une victoire finale,
contre des Asiatiques, n'était même pas envisageable...
Deux clubs à Strasbourg
Né en Chine il y a 4 000 ans, le jeu de go
se taille la part du lion en Extrême-Orient où l'on dénombre environ
cinquante millions de pratiquants.
L'activité, en France, se montre nettement plus confidentielle :
une région comme l'Alsace compte une centaine de licenciés.
Il existe deux clubs de go
à Strasbourg, celui des adultes, et celui du collège St-Etienne.
Antoine fait partie du second. Son père en est le responsable.
On trouve, dans la classe d'Antoine, une concentration étonnante
de jeunes joueurs, ce qui ne résulte sans doute pas du hasard. Le jeune
champion a fait des émules, dont son meilleur copain, Adrien, qu'il
entraîne : « Je lui explique... »
Foot et lecture
L'entraînement d'Antoine, lui, se résume à peu de chose :
« Je ne joue pratiquement pas à la maison, et je ne vais pas
souvent au club en cours d'année ». L'enfant progresse pendant
les vacances scolaires à la faveur de stages de haut niveau, organisés
par le club, et animés par des joueurs asiatiques. Il n'y a qu'eux qui
puissent le faire avancer, explique le père.
Contrairement à ce qu'on pourrait croire, le jeune chamion ne
sera pas, plus tard, un pro du go
comme il en existe dans le sud-est asiatique.
Car son truc à lui, c'est le foot qu'il pratique au sein de l'ASS.
Il participe régulièrement à l'entraînement du mercredi, aux matches
du samedi, et veut devenir professionnel du ballon rond. Le fait qu'il
soit actuellement « un peu faible » dans la discipline ne le
décourage pas.
Antoine aime encore la lecture. Très méthodique, il dévore
une collection après l'autre. En ce moment, « Chair de poule »
lui donne le frisson.
Drôlement marrant toutes ces histoires de morts-vivants.
M.S.
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